Télé réalité : à la dérive ?
Cet article est plus une réflexion sur ce que deviennent les programmes de télé réalité.
En effet, depuis quelques temps, une nouvelle émission de télévision fait beaucoup parler d’elle outre-Atlantique. Nos amis Américains n’ont rien trouvé d’autre que de créer un concept de télé réalité dans le monde de l’entreprise : « Sommeone’s gotta go » (comprenez « Quelqu’un doit partir »).
Le principe de l’émission est simple : des employés d’une entreprise plongée dans des tourmentes financières détiennent une semaine pour décider lequel de leur collègue doit les quitter. Bien sûr, le tout est filmé pour capter les discussions, les émotions, les réunions, les prises de décisions, etc.
Bref, pour ma part, je vois le début des dérives de la télé réalité. Est-il nécessaire de montrer n’importe quel type de scène de la vie privée ou professionnelle pour en comprendre les enjeux ? Je ne crois pas qu’étaler les émotions de personnes anonymes face à des situations données sur le petit écran permettent à quiconque de mieux les gérer par la suite ! Quel est alors leur intérêt ? Banaliser ces moments de vie ? En comprendre les mécanismes ? Encore faudrait-il vouloir et être en mesure de pouvoir les analyser par la suite. Ajoutons à cela la déformation de la réalité due à la scénarisation par les producteurs de ces émissions et vous verrez que ces objectifs semblent bien inaccessibles.
Cette réflexion me ramène à un livre : Acide Sulfurique d’Amélie Nothomb. Cet auteur contemporain de talent dévoile une vision horrible de la télé réalité dans un futur proche. Elle imagine en effet une chaîne de télévision qui récupère des innocents dans la rue pour les parquer dans un camp de concentration reconstitué. Les personnels du camp, quant eux, sont des acteurs, tout aussi innocents et inconscients des actes qu’ils exécutent, engagés par cette même chaine. Ce déploie alors le plus gros succès mondial de la télévision devant l’horreur de la situation mais personne, aucun gouvernement, ne trouve la force d’arrêter l’émission où des centaines d’innocents meurent dans les mêmes conditions que celles d'Auschwitz. En plus, les spectateurs doivent voter pour sauver certaines personnes : et voilà comment on déculpabilise les masses ! En ajoutant une échappatoire, un espoir qui permet au monde d’espérer (un peu comme le principe de « l’élu » pour l’équilibre de la Matrice dans le film « Matrix »).
Nothomb a mis le doigt sur un problème de fond : nous nous laissons guider par des précepteurs qui créent les nouveaux concepts de notre société de consommation. Pour autant, nous ne posons pas véritablement de questions sur les valeurs morales et éthiques de ces derniers.
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