La Recherche pour relancer l’économie ?
Depuis les débuts de la crise, le grand leitmotiv des industriels "Innovons si nous voulons sortir de la crise" est très en vogue. Seulement pour être capable d’innover, il faut faire de la recherche (de préférence appliquée pour arriver rapidement à des résultats concrets). C’est d’ailleurs un thème d’actualité brûlante : M. Fillon, notre Premier Ministre, réunit aujourd’hui (eh oui, un Dimanche !) les ministres de son gouvernement pour discuter les priorités de l’emprunt nationale commandé par notre Président. Parmi ces dernières, il a évoqué la Recherche et il a bien raison. Pour faire tourner une machine économique et écologique, il faut proposer et vendre du concret et donc avoir des choses nouvelles à proposer (Faire des avancées techniques majeures et ouvrir certains verrous technologiques actuels). Par conséquent, il envisage d’appuyer des domaines novateurs et pleins de ressources tels que le numérique, les nanotechnologies, les biotechnologies et les écotechnologies.
Bref un enjeu majeur qui mérite vraiment des efforts et une volonté politique de financer très largement les projets de Recherche. Mais alors attention à bien étudier les projets de Recherche avant de les financer. Voici un exemple consternant :
« Pour la première fois, une équipe de chercheurs du Laboratoire de psychologie et neurocognition de Grenoble (CNRS / Université Pierre Mendes France / Université de Savoie) a évalué cette capacité à détecter un lien familial. Les résultats, […], montrent que cette reconnaissance dépend d'un degré "r" de parenté.
Le coefficient de parenté "r" correspond à la probabilité qu'un même gène se retrouve chez deux individus de même famille. Il est, par exemple, égal à 1 pour deux "vrais jumeaux", de ½ entre parents et enfants, de ¼ entre petits-enfants et grands-parents. L'étude révèle que plus "r" est plus élevé, plus détecter le lien de parenté est fréquent. […] Reconnaître un lien de parenté entre deux inconnus peut nous aider à anticiper leurs comportements, procurant ainsi un certain avantage dans la vie en société. […]
Aujourd'hui, l'équipe du LPNC poursuit ses investigations en essayant de mieux comprendre la nature des mécanismes mise en jeu dans la reconnaissance et de définir les zones des visages qui permettent de détecter la parenté. » [D’après cet article]
Une avancée majeure dans la psychologie ! Non ? Ne trouvez-vous pas cette recherche ridicule dans le contexte actuelle : en quoi connaître un lien de parenté va nous aider dans la vie en société ? Et puis ce ne sont que des statistiques : tiens, j’ai 3% de chance d’être de la même famille que toi ! Super non ? Et maintenant, ils vont (scientifiquement bien sûr) tenter de définir les zones du visage qui… Arrêtons le gâchis ! On se croirait au temps de la physiognomomie (étude du visage pour connaître la personnalité de quelqu’un : nez en bec = tyrannique, grand nez = qualités morales, etc.)
Je n’ai rien contre la recherche en psychologie et neurocognition (au contraire, si on arrivait à mieux appréhender le comportement humain, ce serait bien pratique !), mais j’avoue que là, je trouve que c’est vraiment de l’argent jeté par les fenêtres. Pour emprunter un peu moins et nous laisser une dette moins importante, ne pourrait-on pas suspendre quelques temps ces recherches « oisives » et replacer les chercheurs sur d’autres projets ?
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