Le temps, ennemi du numérique
Depuis maintenant quelques années, surtout depuis l’avènement du web 2.0 et la possibilité de stocker du contenu sur la toile, les productions papiers se font de plus en plus rares. Cependant, imaginez qu’un jour, une onde électromagnétique d’une source inconnue démagnétise tous les disques durs des serveurs web. Adieu donc à toutes les magnifiques et innombrables pages de votre blog que vous avez rédigé avec amour. C’est de la pure science fiction bien sûr, mais imaginez les problèmes que le temps peut avoir sur le stockage d‘archives. A l’heure où on se veut (on se doit même) écologiste et contenu de la nature des archives actuelles (vidéos, sons, formats bien difficiles à imprimer !), le temps apparait comme un ennemi au stockage numérique.
Par conséquent, il faut essayer de trouver des solutions alternatives permettant de stocker des données binaires (celles des ordinateurs) sur des périodes bien plus longues que le siècle. Je vous laisse donc cet extrait d’article qui explique le principe de la solution envisagée par un laboratoire américain :
« Que trouveront les archéologues du futur, d'ici quelques siècles voire quelques milliers d'années ? Des pierres taillées du paléolithique certainement, des peintures pariétales sans doute, des hiéroglyphes à coup sûr, des rouleaux de parchemins probablement, de livres peut-être. Mais que deviendront les milliards de milliards d'informations engrangées dans les disques durs, qui se démagnétisent, et sur les disques optiques, qui redoutent la lumière du soleil ?
Même si l'on ne soucie pas des traces laissées à nos lointains descendants, l'archivage à l'échelle des décennies est un problème pris au sérieux et quelques-uns cherchent des solutions exotiques. Dans la revue Nanoletters, une équipe américaine de l'université de Californie, menée par Alex Zettl, propose d'utiliser des nanotubes de carbone, […]
La solution imaginée par Alex Zettl et ses collègues est toutefois complètement originale. Ces spécialistes de la physique du solide introduisent une nanoparticule [comprenez petits éléments 1000 fois plus fins qu’un cheveu !] cristalline de fer à l'intérieur de ces tubes dont le diamètre intérieur dépasse à peine la vingtaine de nanomètres. » [D’après cet article]

Cette solution montre que les enjeux de l’archivage numérique sont importants. D’autant que cette solution notamment ne consomme pas d’énergie pendant qu’elle « stocke » les données (énergie nécessaire seulement à l’écriture et la lecture). Car on ne le dit peut-être pas assez, même s’il est toujours possible de transférer les données vers de nouveaux serveurs périodiquement et remplacer le matériel dégradé, ces serveurs sont de véritables gouffre d’énergie. Pour pallier à l’augmentation des besoins en énergie des seuls serveurs aux Etats-Unis, ce pays aura besoin, en 2 ans, de l’équivalent en énergie de 12 centrales.
De quoi laisser réfléchir, non ?